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Invasion de mouches à Lavanono

Madagascar 1971. J'effectue des recherches sur le criquet migrateur à la pointe extrême sud de la Grande Ile. Ma "station de recherche" - quelques baraques en planches - est installée sur le bord de mer, dans les dunes, à environ 1,5 km du petit "village" de pêcheurs de Lavanono. En fait, quelques cahutes en planches courbées par les vents. Le premier point d'eau est à une quarantaine de kilomètres, au puit de Beloha. Je travaille là depuis quelques mois quand soudainement une multitude de mouches fait irruption dans la station. Impossible de travailler. Le moindre criquet installé sous une loupe binoculaire pour être disséqué est immédiatement couvert d'une masse noirâtre de ces Diptères. Aux grands maux les grands remèdes: je me muni d'un pulvérisateur motorisé à dos et effectue rapidement un traitement insecticide avec un produit normalement destiné à lutter contre les criquets. Le calme revient et le travail peut enfin reprendre.

Je travaille dans cette région de la Grande Ile de 1971 à 1973 dans le cadre d'un projet de recherche sur le criquet migrateur financé par le PNUD (le programme des Nations Unies pour le développement) et mis en oeuvre par la FAO (l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture). Ce travail me servira de base pour la réalisation de ma thèse de doctorat, soutenue en mars 1975 à l'université de Paris-Orsay, et traitant de l'importance des déplacements des populations dites "solitaires" de ce criquet dans la dynamique des populations et la genèse de ses invasions qui ravagent l'île périodiquement. Un travail de 4 années, dont un an et demi d'analyses en France, tout en étant au chomage, où je suis amené à collaborer avec les services d'agro-météologie de la météorologie nationale française ainsi qu'avec des modélisateurs de l'université de Lyon. Un travail difficile et original dont je n'ai malheureusement publié que des extraits dans des revues scientifiques, trop occupé par la suite à intégrer le CIRAD et à développer de nouveaux projets en Afrique. Mais enfin, il est un peu tard, 40 ans après, pour avoir des regrets!

A gauche: je viens de m'installer dans ma station de l'extrême sud. Une montagne de colis et un peu de découragement. A droite: repos dans mon "jardin"; à part le travail... les loirsirs sont rares.

A gauche: à Beloha, dans la famille d'un de mes assistants de recherche. A droite: méchoui à Betioky-sud, au siège du centre national de lutte contre les criquets.

En saison des pluies, sur une piste de l'extrême sud. Un petit incident de parcours géré par Rasolo, mon chauffeur. Evidemment, les curieux arrivent de suite.

Sur la plaine de Lavanono, avec l'un de mes assistants de recherche. A gauche: allumage d'un feu avec la technique traditionnelle. A droite, sur l'un de mes sites de recherche de terrain avec au fond le cap Sainte Marie, la pointe sud de l'île.

A gauche: quelque part dans l'extrême sud, sans doute non loin de Betioky, formation des assistants de recherche du projet. A droite: dans un village Antandroy, tenues locales et petites maisons traditionnelles en planches.

Prospection en pied de dune sur la plaine côtière de Lavanono, à la recherche des criquets migrateurs au milieu des touffes de graminées (du Cenchrus ciliaris). On remarque le bleu intense de la mer et sur la dune, les pieds d'Euphorbia stenoclada, une euphorbe arborescente endémique de Madagascar, aux rameaux épineux et de couleur bleutée.

Quelques "aloalo", totems funéraires typiques des pays Mahafaly et Antandroy, à l'extrême sud de Madagascar. La tombe est formée d’un amas rectangulaire de pierres dont la surface est tapissée de bucranes et plantée de ces poteaux sculptés figurant des scènes de la vie quotidienne. On remarque les arbres pieuvres, Alluaudia procera, une Didiereaceae endémique (le fantsilotra en malgache) dont le bois facile à travailler est utilisé en menuiserie et pour la réalisation des aloalos.


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