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Une formation fleurie

1989, je suis en Tunisie du 23 janvier au 4 février pour une série de cours sur le criquet pèlerin. L'invasion commencée en 1987 et ayant battu son plein en 1988, s'est miraculeusement arrêtée au début de l'année 1989, grâce à la conjonction des efforts de lutte de la communauté internationale et de conditions météorologiques défavorables. De plus, d'immenses essaims partis des côtes d'Afrique se sont fait piéger par les vents et sont partis se perdre dans l’océan Atlantique, certains réussissant cependant à le traverser et à atterrir sur les côtes de l'Amérique du Sud et des Antilles, causant quelques frayeurs aux populations locales. Cette invasion, qui aura coûté très cher et surpris tout le monde après une trentaine d'années de calme, a eu pour effet collatéral bénéfique de relancer les recherches sur le criquet pèlerin et les moyens de le combattre. Les demandes de formation sont se multipliées et s'est ainsi que j'ai été amené, au cours de l'année 1989, à effectuer plusieurs stages de recyclage d'ingénieurs et de techniciens de la protection des végétaux dans divers pays, dont le Tchad et la Tunisie, formations financées par le ministère français des affaires étrangères.

Accroupi devant mon groupe de stagiaires à l'Institut national pédagogique et de promotion supérieure agricole de Sidi Thabet, non loin de Tunis. On remarquera les tee-shirts et les classeurs ornés d'un criquet qui faisaient parti du matériel "pédagogique" que j'avais apporté de France. A noter aussi la rose rouge à la boutonnière qui nous fut offerte par les stagiaires en fin de formation.

Ces sessions de formation demandaient un travail considérable de préparation en France. Il ne s'agissait pas d'une formation régulière qui m'aurait permis de disposer d'un matériel pédagogique tout prêt, mais de stages à façon où tout était à inventer et à adapter à l'auditoire et au pays concerné. J'effectuais ces formations en compagnie d'un collègue du CIRAD d'origine marocaine qui traitait des insecticides ainsi que des matériels et des techniques d'applications. De mon côté, je m'occupais de toute la partie biologie et écologie de l'insecte ainsi que des bases des stratégies de prévention et de lutte.

A gauche, près de Sfax, je suis sur le plateau d'un 4x4 en compagnie de plusieurs stagiaires, prêt à aller réaliser une démonstration de traitement insecticide à l'aide d'un pulvérisateur monté sur le pot d'échappement du véhicule. A droite, à Sidi Thabet, sur le terrain avec les stagiaires, nous préparons les piquets et les papiers oléosensibles destinés à vérifier la qualité d'une pulvérisation d'insecticide.

Je commençais par une semaine de cours à Sidi Thabet, non loin de Tunis, à l'Institut national pédagogique et de promotion supérieure agricole. Je continuais par une seconde semaine dans la région de Sfax dans le sud du pays, à 270 km de Tunis. Dans les deux cas, les stagiaires étaient assez nombreux, entre 30 et 40, motivés, attentifs et attentionnés. Bien sûr, ce n'était pas des étudiants mais des professionnels des services de l'agriculture du pays. C'était l'hiver, la température était fraîche, l'air humide, les locaux non chauffés. Chaque jour, lorsque j'arrivais le matin pour mes cours, la femme de ménage venait juste d'ouvrir toutes les fenêtres en grand et de procéder à un nettoyage à grande eau des locaux. La pièce était assainie... mais mieux valait rester bien couvert pour le reste de la matinée.


Il faut croire qu'avec mon collègue nous ne fûmes pas trop mauvais, car à la fin de la session, après le dernier cours et la séance d'évaluation de la formation par les intéressés, nous eûmes droit à un discours de remerciements d'un représentant des stagiaires - chose classique - mais aussi - et c'était là plus exceptionnel - à un magnifique bouquet de roses, dont une vint immédiatement orner ma boutonnière. Même si mes multiples formations me permirent le plus souvent de côtoyer, dans de nombreux pays, des stagiaires sympathiques, motivés et professionnels, cette formation fleurie demeura la seule de ma carrière.

Carthage (en haut) et Sidi Bou Saïd (en bas) hauts lieux touristiques au voisinage de Tunis que j'eu le temps de visiter au cours de ce séjour.

La grande mosquée de Kairouan (à 150 km au sud de Tunis) bâtie au 7ème siècle et reconstruite au 9ème, et des champs d'oliviers près de Sfax.

L'amphithéatre romain d'El Djem, à 70 km au nord de Sfax, le mieux conservé d’Afrique du Nord et classé au patrimoine mondial de l’Unesco.


Une référence:

Lecoq M., 1989. Le Criquet pèlerin Schistocerca gregaria (Forskål, 1775). Cours de formation en lutte anti-acridienne destiné aux agents de la Protection des Végétaux de Tunisie, 23 janvier au 4 février 1989. Ministère des Affaires Etrangères, Paris / CIRAD, Montpellier. 133 p.




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